Pour expliquer ce meurtre, les policiers émirent l’hypothèse que la « trop grande musculature du cou » de la victime, future chanteuse d’opéra, obligea le tueur à l’égorger. Finalement ils découvriront plus tard que la victime aurait suppliée le tueur de ne pas la violer et l’aurait également insulté générant ainsi en lui une très grande colère et une envie de la faire taire.
Après une nouvelle interruption de 3 mois, les meurtres reprirent dès le mois de septembre.
Effectivement, dès le 8 septembre Evelyn Corbin, 58 ans, est assassinée. La méthode du tueur est toujours la même. La victime a été étranglée par ses bas-nylon (noués autour de son cou par le nœud bouffant habituel), a été violée et mordue sur tout le corps. De plus, son appartement a été lui aussi fouillé.
Le 25 novembre, 3 jours après l’assassinat de John F. Kennedy, les américains apprennent la découverte du corps de Joann Graff, 23 ans, morte dans son appartement de Boston. Le légiste reconnait alors les traces de morsure sur son corps comme étant celle de « l’Etrangleur de Boston ». Apparemment, le tueur s’est tout d’abord trompé d’appartement en frappant à celui d’en dessous. Un témoin a pu identifier l’assassin comme étant un jeune homme de 27-28 ans, aux cheveux épais, habillé en vêtements de travail verts.
Le 4 janvier 1964 a été commis le crime le plus choquant. Toute la population de Boston est particulièrement traumatisée par le meurtre de Mary Sullivan, 19 ans. En effet, le corps de celle-ci est retrouvé par ses toutes nouvelles colocataires dans une position atroce. Adossée contre la tête de son lit, un oreiller sous les fesses, les jambes pliées et écartées, la jeune victime a été étranglée manuellement. Une carte de vœux souhaitant une « Bonne et heureuse année » a été déposée à coté de son corps par le tueur. Du sperme coule de sa bouche sur sa poitrine et un manche à balai a été enfoncé dans son vagin.
Sous la pression des médias, Edward Brooke, le Procureur Général de l’Etat du Massachussetts, organise la création d’un tout nouveau groupe spécial dont l’objectif est très clairement l’arrestation de l’étrangleur et donc la mise en avant de Brooke sur la scène politique. Il décide en janvier 1964 de former une division qui a pour charge la coordination des activités de tous les départements de police qui ont jusqu’alors travaillé sur l’affaire de « l’Etrangleur de Boston ». Les crimes ayant eu lieu dans différents juridictions, l’échange des informations est alors difficile voire inexistante. Pour diriger cette équipe, Brooke nomme l’un de ses assistants : John S. Bottomly, inexpérimenté mais honnête et enthousiaste. Le désaveu est total pour McNamara.
4 personnes composent cette nouvelle équipe : Stephen Delaney de la police métropolitaine, Andrew Tuney, Lieutenant de la Police d’Etat, Phillip DiNatale de la police de Boston et James Mellon de la police métropolitaine. De plus, le Docteur Donald Kenefick chapote un comité consultatif médico-psychiatrique composé de divers experts en charge de dresser un profil psychologique du tueur.
De plus, une récompense de 10.000 $ est offerte à quiconque pourrait aider à la mise sous verrou de l’assassin.
John Bottomly propose alors d’intégrer à l’enquête un célèbre médium Hollandais, Peter Hurkos. Très à la mode au début des années 60, le mysticisme aurait pu permettre à la Division Spéciale de s’orienter vers une toute nouvelle piste. Peter Hurkos identifia un vendeur de chaussures de 57 ans comme principal suspect. Celui-ci est connu des services de police et quelques indices suspects sont effectivement retrouvés dans son appartement. Pourtant en le plaçant directement dans un établissement de soins psychiatriques, Bottomly prend un très gros risque. Effectivement, la crédibilité de Hurkos est soudainement remise en cause lorsqu’il est accusé d’avoir usurpé quelques mois auparavant l’identité d’un agent du FBI. Bien qu’il soit lavé de tout soupçon, le « Bureau de l’Etrangleur » a vu son image se ternir gravement lorsque les habitants de Boston découvrent la non-culpabilité du vendeur de chaussures.
L’équipe d’experts dirigée par le docteur Kenefick s’accorde à trouver de trop grosses différences entre les meurtres des femmes âgées et ceux des jeunes femmes pour qu’ils soient commis par le même meurtrier. Pourtant, un seul psychiatre, le Docteur James Brussels, très réputé dans son domaine, propose un avis divergent. Pionnier du « profiling », Brussels pense que la police de Boston a affaire à une seule et même personne. « Un homme musclé de taille moyenne, âgé d’environ 30 ans, glabre, à la chevelure épaisse et soignée, d’origine méditerranéenne et célibataire.
Selon le Dr. Brussels, le tueur semble jeune aux vues de sa musculature (il peut rapidement étrangler à mains nues) et de ses pulsions sexuelles. Il est discret, il a la capacité « physique » de passer inaperçu. Il ajoute que l’assassin recherché est très propre de sa personne (aucun indice pouvant l’identifier n’ayant été retrouvé sur les scènes de crime) et que, d’après la violence du dernier crime, il semble qu’il « puisse être guéri ». Il affirme que le tueur « trouvera maintenant une satisfaction sexuelle avec des femmes conscientes, de façon plus ou moins normales ».
Le comité est alors très septique concernant le profil établit par le Dr. Brussels, pourtant quelques mois après, ce profil allait être incroyablement concordant avec la personnalité du criminel.
Malgré le grand désarroi des policiers en manquent de suspect, beaucoup sont soulagés par l’arrêt soudain de cette folle série de crime.
En mars 1964, 25 plaintes pour agressions et viols sont déposées auprès des autorités, dans différents états. L’agresseur surnommé « l’homme en vert » - la couleur des vêtements de travail qu’il porte lors de ses attaques - s’en prend principalement à des femmes âgées. Selon les témoignages recueillis, il est poli et propre, attache souvent ses victimes avec leurs bas ou leur combinaison et s’excuse pour ses actes tout en les menaçant d’un couteau.
Le 2 novembre 1964, Albert DeSalvo est arrêté pour l’agression d’une jeune femme. Entré par effraction dans sa maison, il l’a menacé d’un couteau, l’a ligoté les jambes écartées et bâillonné à l’aide de ses sous-vêtements. Après l’avoir embrassé et caressé, il a tout simplement quitté les lieux en s’excusant.
Après avoir recueilli la plainte de la victime et son témoignage, la police fait le rapprochement avec « le Mesureur » qui avait sévit en 1960. Albert DeSalvo est arrêté et immédiatement identifié par sa victime.
Sa photo étant diffusé sur le réseau principal de la police, DeSalvo ne profitera pas longtemps de la libération sous caution qui vient de lui être accordée. En effet, des appels téléphoniques de différents états arrivent rapidement concernant l’affaire de « l’homme en vert ». DeSalvo est à nouveau arrêté et reconnu par ses nombreuses victimes.
Honteux de se voir faire passer les menottes devant sa femme, Albert DeSalvo lui obéi lorsque celle-ci lui demande d’être honnête et de tout avouer. Il commence alors à livrer aux policiers médusés sa longue liste d’intrusions et de viols. Parfois, il avoue avoir attaqué jusqu’à 4 femmes dans une même matinée.
Enfin, il avoue à son avocat, en novembre 1964, être « l’Etrangleur de Boston » mais celui-ci ne le croit pas…
Albert DeSalvo est envoyé à l’hôpital d’état de Bridgewater qui n’est en fait qu’une prison. Le seul psychiatre de cette établissement, le Dr. Ames Robey, remet son rapport à la cour stipulant que DeSalvo est complètement apte à suivre son procès et à être poursuivi pour ses faits. Il est donc transféré à la prison d’East Cambridge. L’Etat psychologique de DeSalvo s’y détériore rapidement ce qui lui vaut un billet retour à Bridgewater.
Le 25 janvier 1965, l’épouse de DeSalvo quitte officiellement le domicile conjugal (Elle divorcera le 1er décembre 1966 et retournera en Allemagne).
Le 4 février, la Cour décide de laisser DeSalvo à Bridgewater le temps qu’il y soit soigné pour ces troubles psychologiques. Là-bas, il y croise George Nassar, inculpé pour le meurtre d’un propriétaire de station-service. Par vantardise, DeSalvo raconte à Nassar ses nombreuses « performances » sexuelles et lui avoue également quelques meurtres. Nassar choisit d’en parler à son avocat F. Lee Bailey.
Lors de sa rencontre avec Bailey (qui enregistra la conversation), DeSalvo avoue le meurtre des 11 victimes officielles de « l’Etrangleur de Boston » mais également ceux de Marie Brown en 1963 et de Mary Mullen, une dame âgée décédée d’une crise cardiaque lors de son agression.
Bailey contacte alors le lieutenant Donovan. Ne souhaitant pas particulièrement « aggraver » la situation de Desalvo, il ne donne aucun nom à l’officier mais lui annonce avoir un suspect potentiel pour les meurtres attribués à l’étrangleur. Bailey avait simplement besoin de vérifier l’exactitude des propos de DeSalvo en lui soumettant des questions auxquelles seul « l’étrangleur de Boston » pouvait répondre.
Parallèlement à cela, l’équipe de Bottomly se retrouve à enquêter sur DeSalvo. Son arrestation dans l’affaire de « l’Homme en Vert » a amené le groupe spécial à approfondir son portrait, il devient pour eux un « suspect potentiel ».
Lors de leur second entretien, Bailey (toujours munit de son dictaphone) écoute DeSalvo détailler avec une très grande précision chaque scène de crime. Il réitère également les aveux des 12ème et 13ème meurtres de « l’étrangleur de Boston ». Pour Bailey, il n’y a aucun doute, DeSalvo est le coupable.
Lorsqu’il écoute la retransmission de cet entretien, le lieutenant Donovan est lui aussi persuadé de la culpabilité de DeSalvo. Seul l’assassin peut connaitre certains détails non communiqué à la presse.
Le coupable étant démasqué, 2 problèmes se posent :
Le 26 avril 1966, la Cour déclare DeSalvo apte à être jugé mais refuse qu’il avoue ses crimes en plaidant l’irresponsabilité.
Bailey tente alors un dernier coup de poker en choisissant de faire attester de la démence de son client en le faisant jugé pour les crimes de « l’homme en vert ». En étant déclaré dément, DeSalvo ne pourrait encourir la peine de mort pour d’autres meurtres et repartirait en hôpital psychiatrique.
Le 9 janvier 1967, Albert DeSalvo est donc jugé pour les crimes de « l’homme en vert » - agressions sexuelles et vols à main armée.
Bien qu’ils soient conscients de l’avantage que cela pourrait être pour des spécialistes d’étudier un criminel comme DeSalvo en hôpital psychiatrique, le jury le déclara coupable et demandèrent sa détention dans une prison de haute sécurité afin qu’il y soit certain d’y rester enfermé à vie.
Le 24 février 1967, présent à Bridgewater en attendant son transfert en prison, DeSalvo s’échappe avec 2 autres détenus. Il se rendra 38 heures plus tard, plaidant un véritable besoin d’aide psychologique.
Au lieu de cela, DeSalvo est directement envoyé à Walpole, prison de très haute sécurité, où il ne recevra jamais aucun soin.
Personne n’aura jamais pu profiter d’Albert DeSalvo pour découvrir les motivations et le mode-opératoire de l’un des pires tueurs en série que connurent les Etats-Unis.
Le 25 novembre 1973, Albert DeSalvo est retrouvé mort dans sa cellule, poignardé de très nombreuses fois dans le cœur. Selon le directeur de la prison, celui-ci se serait probablement livré à un trafic de drogue qui aurait mal tourné. Son assassin ne sera jamais retrouvé.
Les victimes d’Albert DeSalvo :
Anna Slesers - 56 ans – Agressée sexuellement avec un objet et étranglée, le 14 juin 1962.
Mary Mullen - 85 ans - Morte d’une crise cardiaque le 28 juin 1962, alors que DeSalvo tentée de l’étrangler.
Nina Nichols - 68 ans – Agressée sexuellement avec un objet et étranglée, le 30 juin 1962.
Helen Blake - 65 ans – Agressée sexuellement avec un objet et étranglée, le 30 juin 1962.
Ida Irga -75 ans - Agressée sexuellement avec un objet et étranglée manuellement, le 19 août 1962.
Jane Sullivan - 67 ans - Agressée sexuellement avec un objet et étranglée, le 20 août 1962.
Sophie Clark - 21 ans - Violée et étranglée, le 5 décembre 1962.
Patricia Bissette - 23 ans - Violée et étranglée, le 30 décembre 1962.
Gertrude Gruen - 28 ans - Agressée et presque étranglée, le 18 février 1963.
Mary Brown - 69 ans - Battue à mort et étranglée, le 9 mars 1963.
Beverly Samans - 23 ans - Violée et poignardée, le 6 mai 1963.
Evelyn Corbin - 58 ans - Violée et étranglée, le 8 septembre 1963.
Joanne Graff - 23 ans - Violée et étranglée, le 23 novembre 1963.
Mary Sullivan - 19 ans - Violée et étranglée manuellement, le 4 janvier 1964.
De mars à fin octobre 1964, "l’Homme en Vert" viole entre 25 et 300 femmes dans le Massaschusetts, le New Hampshire, le Connecticut et Rhode Island.
(affiche du film en français de l'époque, interprété par Tony Curtis)

(affiches-promotion du film en anglais, trouvées sur le site imdb.com)

1 extrait du film de Richard Fleischer avec Tony Curtis et Henry Fonda, sortie en salle le 30 octobre 1968
la bande annonce d'une version plus récente :
Un documentaire très complet, en VO, à regardez absolument pour compléter le portrait.
partie 1
la suite dans LFD TV: ici
Ericmaillaird : Vraiment ! Je trouve ça beau ! Arrachage d'yeux ! J'aaaadorreeee ! J'ai fais la même avec mon chien ! Rest in peace pepete :)…
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Ericmaillaird : C'est dégueu ! Horrible même !…
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Frederick : excellent, on a quand même encore le droit de rêver.
Que la force soit avec nouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus :-)…
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Frederick : franchement pas étonné qu'il y ait de la gruge derrière tout cela.
Il est franchement bien placé lol…
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